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day 16 - 12 july 04

Journée affreuse!!!
Aujourd'hui, nous avons prévu de partir pour l'aéroport de Tokyo afin d'aller chercher le reste de nos bagages qui traînent là-bas depuis déjà quelques jours. Avec ce matériel, nous pourrons enfin commencer sérieusement à travailler sur nos casques pour le festival.
Il y a quelques jours, Ann a déjà tenté de ramener nos valises, mais sans succès. En effet, la douane a demandé une liste détaillée avec tous les objets ainsi que les clefs des valises pour examiner le contenu. Elle n'avait pas toutes ces informations, ni même les clefs elle est donc allée là-bas, mais est revenu les mains vides. Par expérience vécue aujourd'hui même, on peut vous dire que c'est déjà un véritable casse-tête que de réussir à trouver le bureau et ensuite, un véritable parcours du combattant pour récupérer ces bagages.
Mais revenons au début de notre journée si tu le veux bien Bram, (cette fois c'est Alex qui écrit, pas mal comme transition non?). (Bram: C'était juste en guise d'introduction pour ce texte qui s'annonce titanesque.)

Ce matin, réveil comme tous les autres, couchés beaucoup trop tard à cause des mails que l'on écrit à tout le monde, nous sommes déjà en retard sur notre programme de la journée.
Rendez-vous est donné 3/4 d'heure après notre réveil, cela va être juste.
On part en retard forcément, mais sur la route Ann nous appelle pour nous dire "sorry i'm late", c'est pas grave nous aussi nous sommes en retard.
Nous attendons un bon quart d'heure à Shibuya, mais ce n'est que le début d'une autre grande attente dans cette terrible journée...

En effet, en nous rendant au rendez-vous, je sursaute, "Bram tu as pris les clefs de la valise", "non!".
La journée va être très très longue.
Mais nous retrouvons d'abord Ann, et nous partons pour les bureaux de la NHK récupérer une des premières valises, laissées là-bas une semaine plus tôt après le tournage.

Une fois au bureau, Bram décide de faire l'aller-retour, pour ramener la première valise chez Yoshi et prendre la clef des autres bagages en passant.
Bram s'en va et je reste avec Ann, là elle me sort une pochette remplie de papiers en japonais et anglais. OK, let's see!
Ce sont tous les papiers à fournir pour les douanes, elle m'explique à quoi sert chaque papier, et où nous devons nous rendre. (cela s'annonce palpitant!)
Elle me présente un plan en japonais et me dessine au feutre les directions à prendre, que dire de plus que "oui" à chaque fois qu'elle me demande si je comprends, de toute façon c'est à 70 km d'ici, et personne ne parle anglais au japon, on verra bien sur place pour trouver notre route.
Elle nous imprime aussi les changements de métro à faire pour payer le moins possible. Toutes les routes mènent à Rome, mais ici certaines comptent le triple par rapport aux autres.
Donc le métro, ça va on maîtrise maintenant.

Mais il est déjà l'heure d'aller aux rendez-vous fixé avec Bram, on avait estimé 1h aller-retour pour qu'il puisse tout faire.
Je pars donc pour Shibuya, c'est vraiment sympa de se promener seul dans les rues de Tokyo, seul on se sent encore plus perdu.
J’arrive avec 10 minutes d'avance sur l'heure fixée, je m'assois sur une sorte de banc fait de 2 tubes en acier.
Le spectacle est vraiment sympa, voir des centaines de japonais sortant du métro pour s'entasser sur ce carrefour célèbre. L'heure tourne, 10 minutes, 20 minutes, le soleil tape fort j'ai faim, il fait chaud, 30 minutes, je commence à me faire du souci.

Bram se serait-il fait kidnappé par des Yakusas ?, est-il perdu ? Nous n'avons qu'un portable pour 2, pas des plus pratiques lorsque nous sommes séparés.
L'heure tourne toujours et je cuis au soleil, mais je ne peux pas bouger, car si je pars, on ne se retrouvera jamais. J'ai le temps de voir en boucle les pubs qui passent sur les écrans géants devant moi.
1 h de retard cela commence à beaucoup m'énerver, mais en fait ce n'est que le début...
Bram arrive enfin au bout d'1h30, il est désolé, je vois à sa tête que c'est vrai,(PS Bram: j'espère bien) il a déjà mis beaucoup de temps pour retourner à la maison et la valise était super lourde, ensuite digne du francobelgedesign style, il est monté dans le métro, et s'est rendu compte qu'une fois de plus, il avait oublié les clefs, bref c'est quand même drôle en y repensant, mais sur le coup j'étais un peu stressé.
Mais merci quand même Bram de tes efforts.

Alex, je tiens à mettre ma petite version, histoire d'avoir un diary complet :-) en fait voici ce qu il s'est réellement passé:
Je pars donc immédiatement avec la valise, je traverse le quartier, cela me prend bien 20 minutes avant d'arriver au Metro. Je transpire à flot, car j ai totalement sousestimé le poids de cette satanée boîte et je prie pour qu elle ne cède pas car elle est à la limite de se fendre en deux.
Une fois dans le métro, je m'endors, mais je sors au bon arrêt, la déjà, j'ai perdu bien 30 minutes en trajet. En arrivant chez Yoshi, il est 13 heures, c'est-à-dire l'heure que l on s'était fixée avec Alex...je m'inquiète déjà, est-il déjà sur place?
Je ne pense qu à une chose, acheté un coca au plus vite et repartir de Yoshi au plus vite pour arriver au mieux à 13h30 au RDV.
Je dépose avec soulagement la valise, prends quelques papiers importants et mon nouveau lecteur mp3 chéri que je voulais prendre pour le long trajet qui m'attend. Je repars en vitesse, prends un coca et saute dans le subway. Pendant le trajet, je déguste ma boisson avec la musique de mon lecteur mp3. Tranquille, juste attendre la fin de la destination...et la....non, après 15 minutes de trajet je me rends compte que j'ai oublié le plus important: LES CLEFS bon sang!
Là, mon coeur commence à battre la chamade, il est déjà 13h30 et je n ai toujours pas ce que je suis venu chercher. Je m'arrête à la première station en vue et je reprends la voie inverse...évidement je dois attendre l'autre train, car je viens de louper celui qui était devant moi...ça devient très long, je décide d'appeler Ann en espérant que Alex est toujours avec afin de l'avertir, mais elle me dit que non....MERDE!

Bref, je cours chez Yoshi, je prends les clefs et je recours en sens inverse et là j’attends à nouveau le Metro...et là c’est très long, encore 10 minutes d'attente. Hop je saute enfin dedans, il doit être 14 heures à présent. Un autre arrêt, j'attends encore 10 minutes. Arrivé à destination à 14:30, je cours pour rejoindre Alex, mais Shibuya est de plus en plus peuplée en ces heures et je me fraie difficilement un chemin. Finallement, j'aperçois avec soulagement que Alex est là, il somnole sur son banc...dort-il depuis 1 heure 30? Je le réveille, il est vivant, nous pouvons partir!

Alex, la parole te revient ! (je reviendrai toutefois avec de petites parenthèses comme celle-ci ok?)

Merci Bram!
Donc nous voilà partis pour l'aéroport,1h30 de trajet plus tard nous arrivons.
(Je sais, c'est long, mais ce ne que le début ....).
Il est 16 h et des poussières.
Une fois dans l'aéroport comment se repérer dans ce dédale de couloirs ?
Nous trouvons un guichet d'information et là l'horreur commence :
Elle parle anglais comme les autres, c'est-à-dire pas bien du tout, elle montre la droite en me disant gauche et ainsi de suite,on s'impatiente.
Nous faisons un grand sourire et partons, nous sommes toujours perdus, on part un peu dans toutes les directions, on trouve un flic, mais il est pire que les autres. Il tourne mon plan dans tous les sens et m'indique la direction d'où l'on vient (supeeer!).

Second guichet d'informations, et miracle une fille parle un anglais compréhensible. La direction est juste cette fois.
Nous nous retrouvons en dehors de l'aéroport dans la zone de fret.
Il ne nous reste que 30 min avant que le bureau ferme et que nous devions payer 2000 yens de l'heure pour horaire de bureau dépassée.
Nous arrivons devant un grand portail avec des barbelés, et là un petit monsieur nous tend un formulaire en japonais ??? que faire ?
Il nous parle en japonais, je lui tends le tas de feuilles que j'ai, réponse "ah", et il se remet à parler en japonais. Après 10 minutes de monologue incompréhensible, il dit en nous montrant une case "maine néme isi", traduction My name is, ok on doit écrire nos noms, fallait le dire avant coco, ahah. Encore 2 ou 3 cases à remplir dans le même style et on peut rentrer (ce n'est que le début d'une longue paperasserie). Perdu de nouveau, nous rentrons dans des différents immeubles épars au milieu d'entrepôts et de camions, le bruit est assourdissant et le trafique infernal.
Je vous passe les détails pour trouver le bureau, dans le même style que le petit bonhomme, personne n'est capable de nous donner une direction exacte.

Après 30 min de recherche, on se retroue en fait à 30 m du petit monsieur, le bâtiment était en fait le premier en arrivant....
Nous rentrons dans le bâtiment, nous devons nous rendre au 3e, mais aucun escalier, nous avançons dans les longs couloirs, on se perd, nous entendons des cris, on se croirait dans un film d'horreur, nous sommes en fait dans la zone de quarantaine des animaux arrivant au japon, j'espère que nous n'avons rien chopé comme maladie.
Nous arrivons enfin dans le bureau de la douane, je tends les papiers; l'un des papiers étant extraordinaire pour nous !, nous devons nous excuser par écrit auprès du chef des douanes, car lors de notre arrivée nous avons omis de stipuler que nous avions des bagages qui allaient arriver plus tard. Avec au milieu du texte, "je m'excuse d'avoir oublié, mais j'ai oublié parce que 3 petits points, on a oublié parce qu'on a oublié c'est tout!

Je donne tout ça aux douaniers donc, et là on nous demande "do you speak japanese" (ils ont l'air si naïf parfois ces japonais), apparemment cela va être très dur.
Je regarde l'horloge, 5h moins 5, c'est juste. La douanière fait de même, et ce que je craignais arrive, on doit payer la taxe de dépassement d'horaire.
Si on veut pas payer on doit revenir demain, non merci on paye, alors les ennuis se poursuivent, elle nous demande de remplir une feuille avec la description exacte de ce que contiens, la quantité, le poids et le prix.
Essayer de décrire le contenu d'une boîte à outils, 3 vis, 4 boulons, c'est du délire nous lui faisons comprendre que sa feuille ne sert à rien.
Nous serons quand même obligés de faire une description sommaire du contenu de chaque valise.

On doit signer encore quelques feuilles en japonais, on se croirait dans un film avec des pigeons qui signent n'importe quoi et qui déclarent n'importe quoi en signant, cela devient du délire.
Ensuite elle nous tend un nouveau plan en japonais, car nous devons à présent aller chercher nos valises.
Elle nous dessine notre chemin en 3 sec, par la suite,un autre douanier nous dessine par dessus une autre direction, la crise de nerfs n'est pas loin.
Forcèment on se perd encore une fois, on croit avoir trouvé, on rentre dans le bureau et là "hello do you speak english?", la réceptionniste nous fais non de la tête et se tire en peur. Super, une nouvelle fille arrive, et là je parle à la tarzan, "here good" en montrant le plan du doigt, on me répond "yes" en me faisant signe de la tête oui.
On se demande si en fait NHK ne fais pas de la real TV, et qu'elle teste sur nous un nouveau concept, des blaireaux d'Européens lachés dans la jungle de l'administration japonaise, pas mal comme concept quand même.

On nous donne encore un nouveau plan, (je vous assure tout ceci est véridique), en fait nous nous trouvons de l'autre côté de l'endroit où nous devrions être. En passant, un gentil policier avait quand même enlevé ses gants blancs pour écrire sur sa main le nom d'un immeuble qu'on n’a jamais trouvé.

Nouvelle course parmi les camions et les entrepôts, la douanière nous avait bien précisée "quickly", on paie et en plus on doit se dépêcher, mais nous comprendrons pourquoi elle a dit ça plus tard.

On trouve enfin les entrepôts de la japan airline, de nouveau je tends mes papiers on me les arrache des mains sans rien dire, et 5 minutes plus tard un gars arrive et nous tend un facture 7000 yens (environ 80 frs)! Mais c'est quoi ce truc? en fait, on doit payer car nous avons dépassé le délai permis pour venir chercher nos bagages, Bram enrage, et exige des explications, le pauvre type ne sachant que 3 mots d'anglais se plie en 2 et s'excuse, Bram furieux laisse tomber au bout de 10 minutes.
On finit par payer, moi je n'ai pas d'argent je compte faire le change à l'aéroport plus tard, Bram à tout juste 7000 yens sur lui.
Nous n'avons plus du tout d'argent, et là nous nous souvenons que nous devons payer encore 2000 yens à la douane...problème...
Le type nous demande ensuite de nous asseoir pour attendre les bagages, l'heure tourne...10 minutes plus tard, il revient et nous propose de nous emmener jusqu'au bureau de la douane, pendant que Bram ramène les bagages aux douanes, je pars acheter les timbres d'amendes pour l'horaire dépassé.

Je me retrouve en fait dans une sorte d'épicerie comme on en trouve de partout au japon, je montre ma feuille pour payer, je sors ma carte de crédit internationale pour payer et la fille me regarde, "no", quoi no, pas de carte de crédit acceptée.
Au même moment la douanière sort de nulle part, (en fait, on se trouve en face des bureaux des douanes, elle devait nous attendre derrière la fenêtre), elle me dit que nous avons entamé une nouvelle heure et que le tarif d'amende est doublé.
Je crois m'étouffer de colère, bon OK je paie mais comment ? Elle téléphone apparemment à son chef (j'étais en face du chef, il me regarde en souriant et me dit, "no more money?"), elle est très embarrassée, je lui dis que j'ai des euros, mais bon elle va pas me faire le change quand même. Bien sûr que non ! elle me propose de m'accompagner jusqu'à l'aéroport pour faire du change.

Je pars donc, escorté de la douane pour aller faire du change, il faut au moins 10 min pour rejoindre le centre de l'aéroport, la douanière perd son chemin 3 fois , vous comprenez notre difficulté en arrivant.
Une fois à la banque, un souci de plus, je dois remplir une feuille avec mon numéro de vol d'arrivée au japon, évidemment c'est Bram qui a tous les papiers, j'ai en plus que marre, je marque n'importe quoi, le banquier s'en rend compte et se marre, c'est déjà ça le fait rire.
Mon argent en poche, je rentre, toujours escorté par la douane, toutes les personnes que je croise me dévisagent, je suis sûr qu'ils imaginent que je suis un jeune trafiquant de drogue, ou un truc dans le genre....
Je fais copain copain avec la douanière, elle est sympa en fait, elle me parle de ses voyages en Suisse avec sa mère, amusant.
Détail important, je fais au moins 3 têtes de plus qu'elle, et pour me suivre elle doit faire 2 ou 3 fois plus de pas que moi, ce qui rend ça démarche assez ridicule.

On retourne enfin aux bureaux des douanes, je retrouve Bram assis tranquillement sur un fauteuil. Pendant la durée de notre épopée, l'autre douanier a vérifié chaque bagage un par un, allant jusqu'à feuilleter les livres de photos de l'écal, Bram m'avouera avoir eu très peur, car ici au Japon les images montrant des sexes sont interdites et punies par la loi.(le douanier a vite passé sur le botte cul spécial Keller en feuilletant le livre, il n'a pas dû comprendre, ouf!)
Remarque : cela aurait pu être drôle de se retrouver en prison parce que des élèves faisaient des photos de nu, on est passés pas loin de faire la une des journaux en suisse, qu'elle dommage une telle promotion pour l'école et pour les francobelge design.

Voilà! Nous avons enfin nos bagages, tout ça pour 2 malheureux casques de ski usés, des tournevis, et de la pub pour l'écal, c'est un peu trop je trouve...

Retour à Tokyo, 1h30 de voyage dans le métro, où nos bagages gênent tout le monde, mais personne n'osent rien dire, une fille sort même à un arrêt pour changer de wagon afin d' éviter de se contorsionner en contournant nos valises, incroyable ces Japonais.

Nous rentrons épuisé au bout de 12 h d'une journée qui restera, je pense, la pire de tout notre voyage.
Bonne nuit à toutes et à tous, je sais pas si vous avez tenu jusque-là, mais on vous avait promis de longues news hier.

--francobelge design--

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